Discussie over Arusha 2.0 wordt vervolgd

24 mei 2016

De discussie die in het recente nieuws van KzG werd gevolgd, gaat verder.

Iwacu gisteren:
Grand débat – Le journaliste Athanasa Karayenga répond au Pr. Reyntjens.« Son scénario n’est pas politiquement incorrect. Il est absurde »
Le scénario proposé par Filip Reyntjens n’est pas « politiquement incorrect ». Il est absurde, offensant, intellectuellement fragile pour ne pas dire débile. Du reste, les questions sans réponses que le professeur pose à la fin de son incroyable démonstration constituent les meilleures preuves de la fragilité de son argumentation. Lamentable !
Tout d’abord, Filip Reyntjens doit savoir qu’avant de briguer le troisième mandat illégal, Pierre Nkurunziza a essayé de faire changer la constitution du Burundi afin qu’elle ne contienne plus la mention du nombre limite des mandats qu’un chef d’Etat burundais ne peut dépasser. La révision constitutionnelle a failli réussir. Elle allait être adoptée par l’assemblée nationale. Il a manqué à Pierre Nkurunziza juste une seule voix. Celle de l’ancien président de l’Uprona, M. Niyoyankana. Celui-ci a opportunément été retenu « en otage » autour d’un verre de bière, au moment du vote, par un homme politique lucide et vigilant.
Miracle ! Alléluia ! On a eu chaud dans les chaumières présidentielles à Kiriri !
Par ailleurs, dans le cadre du fameux dialogue interne organisé par le pouvoir, des propositions ont déjà été formulées pour supprimer le concept et le mot même de mandat dans la constitution burundaise.
Ainsi, affirmer que Pierre Nkurunziza ne briguera pas un quatrième en 2010 (
hier zal 2020 bedoeld worden, KzG) et un cinquième, et un sixième, et un septième mandat ultérieurement, c’est vraiment ne pas connaître la détermination de cet homme. Il veut garder le pouvoir coûte que coûte et à n’importe quel prix.
Pierre Nkurunziza n’a que faire des conseils de quiconque. Il sait ce qu’il veut. Il a ridiculisé la diplomatie internationale. Il nargue l’Union Africaine, les Nations Unies, l’Union Européenne. Le Conseil de Sécurité des Nations Unies s’est déplacé et s’est rendu deux fois à Bujumbura pour essayer de le convaincre pour qu’il renonce à son troisième mandat.
M. Sepp Blatter, ancien président de la FIFA, a échoué, lui aussi, à lui faire préférer un poste d’ambassadeur du football africain à un troisième mandat périlleux. Car Pierre Nkurunziza détient le pouvoir de Dieu, qu’on se le dise ! Amen !
Alors, quel est le produit magique dont dispose Filip Reyntjens pour réussir là où tout le monde a échoué et convaincre Pierre Nkurunziza à remettre le pouvoir à la fin de son mandat en 2020 ? Même une assiette de frites-moule la plus délicieuse d’Anvers ne fera pas l’affaire.
Filip Reyntjens doit savoir également que le CNDD-FDD s’est juré de garder le pouvoir pendant au moins 40 ans. Aussi longtemps que les Tutsi de l’Uprona, affirme-t-il. Du reste, Pierre Nkurunziza doit franchement rigoler en découvrant les élucubrations abracadabrantesques de Filip Reyntjens.
Cause toujours professeur !
Plus grave. Le scénario imaginé par Filip Reyntjens pour sortir le Burundi de la crise fait froid dans le dos. Que préconise-t-il ? Une amnistie générale pour tous les crimes commis par le pouvoir et par l’opposition. Champagne ou bonne bière belge pour tous, à gogo et pour toute la nuit ! Jusqu’à ce qu’ivresse s’empare de nos esprits égarés et nous terrasse ! Non mais ….On croit rêver.
Ainsi, pour Filip Reyntjens, aucune suite judiciaire ne devrait être engagée pour juger et punir les présumés coupables des crimes les plus odieux commis dans le cadre de ce troisième mandat ? Ainsi, les jeunes arrêtés et assassinés quotidiennement, les familles brisées par les violences commises par le pouvoir et l’opposition, les réfugiés traumatisés et éparpillés dans les pays voisins, les prisonniers entassés dans des mouroirs infectes, les médias détruits cyniquement, personne n’aurait-il jamais droit à une justice équitable ? Affligeant et stupéfiant !
Filip Reyntjens préconiserait-il une amnistie générale, Dieu préserve le pays plat de Jacques Brel et de Tintin, si des crimes comparables étaient commis en Belgique ?
Cependant, le scenario « politiquement incorrect » imaginé par Filip Reyntjens a un mérite extraordinaire. Il aura certainement réveillé les Burundais englués dans la torpeur, il aura fouetté les esprits les plus éveillés. Tant il est incroyablement paternaliste et condescendant et inacceptable. Au secours, la colonie revient !
Voilà ce qui arrive à un peuple qui n’arrive pas à penser ses propres conflits, à panser ses plaies, à proposer ses propres solutions et sortir d’un psychodrame permanent. Il faut toujours et encore des étrangers, des Arusha 1, 2, jusqu’à 100, des magiciens avec leurs baguettes d’illusionnistes pour nous faire la leçon et préconiser des remèdes idiots à nos maux !
Esprit de Louis Rwagasore, réveille-toi et inspire-nous des paroles de liberté et de dignité.

IWACU vandaag:
Arusha II : l’OLUCOME et la Ligue Iteka posent des préalables
Dialogue inclusif avec tous les protagonistes y compris les groupes armés, réouverture des radios fermées, suppression des sanctions contre certaines organisations de la société civile,…
Gabriel Rufyiri : “Sans inviter les groupes armés, toute accalmie retrouvée serait toujours menacée”
Lors de leur rencontre, ce lundi 23 mai, l’Olucome et la Ligue Iteka ont proposé au facilitateur Benjamin Mkapa, des préalables qui doivent être mis en application pour le bon déroulement des pourparlers inter-burundais.
C’est notamment d’inviter les représentants des organisations de la société civile suspendues, les organisations de la société civile des jeunes ainsi que les représentants des radios indépendantes détruites et qui restent fermées.
De plus, inviter également les représentants des groupes armés existants «qui déstabilisent la paix au Burundi, sans lesquels toute accalmie retrouvée serait toujours menacée.»
Ces deux organisations de la société civile demande au médiateur d’exiger au gouvernement en place et aux groupes armés d’arrêter les violences. Il est demandé à Bujumbura de mettre un terme aux emprisonnements injustes perpétrés dans tous les coins du pays.
Mettre sur la table l’Accord d’Arusha
Pour ces organisations, le facilitateur devait exiger au gouvernement de rouvrir les stations de radios privées, de libérer inconditionnellement les prisonniers politiques, d’annuler des mandats d’arrêts contre certains leaders burundais de l’opposition, de la société civile et des médias et d’annuler la suspension de plus de dix organisations de la société civile burundaise.
L’Olucome et la Ligue ITEKA exhortent l’ancien président tanzanien de mettre sur la table de négociations les questions estimées cruciales nécessitant des solutions durables pour que le Burundi termine avec le cycle des violences et de sous-développement.
Parmi ces questions figurent le respect de l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation et ainsi que la constitution burundaise. «Etant donné que les burundais souffrent énormément depuis plus d’une année, l’Olucome et Ligue ITEKA demandent au facilitateur d’accélérer le processus de dialogue inclusif inter-burundais entre le gouvernement en place et ses vrais protagonistes.»

In Le Monde Afrique gisteren een tweegesprek van dezelfde aard tussen de schrijvers Alain Mabanckou en Abdourahman A. Waberi over de situatie in hun vaderlanden Congo-Brazzaville en Djibouti. Opgetekend door Joan Tilouine. De veelzeggende titel luidt: ‘La durée de vie d’une dictature dépend de l’ampleur de notre silence’.
Ter illustratie, want dergelijke discussie spelen dus niet alleen in Burundi, nemen we het begin hiervan over:
Dans votre lettre ouverte à François Hollande, vous qualifiez le Congo comme une « république bananière » dirigée par un « tyran ». Qu’est-ce qui vous a poussé à l’écrire ?
A.M.: La multitude de lettres que m’envoient de jeunes Congolais. Dans leurs missives transparaît un profond désespoir, comme si leur horizon était bouché à jamais. La lettre d’un Congolais de 19 ans m’a particulièrement ému : « Vous ne pouvez pas rester dans votre confort, dans les applaudissements qu’on vous fait en Europe alors que nous autres, au Congo, nous sommes en train de mourir à cause du silence des gens. »
Le jeune homme soulignait le silence des intellectuels du Congo, qui est pourtant un terreau d’écrivains. On peut citer Emmanuel Dongala, Wilfried N’Sondé, Maxime N’Debeka et bien d’autres. Mais nous restions muets et sourds aux cris de la jeunesse. Ce n’était plus supportable. Ce jeune compatriote m’a décidé.
A.A.W.: Cette lettre est puissante et a déclenché un débat, en France et au Congo, où elle a provoqué des réactions grotesques de la part du régime. Ce qui a fait bouger les lignes et affaibli un peu plus cette dictature et sa fiction du discours officiel.
Que ce soit à Djibouti, au Congo ou dans d’autres dictatures africaines, il s’agit pour l’intellectuel africain de contrecarrer les fictions de ces régimes. Lorsque des intellectuels interviennent pour parasiter leurs messages, démystifier leurs mensonges, les dictateurs paniquent. Le fait qu’Alain, moi-même et d’autres existions, sans leur devoir quoi que ce soit, est un problème pour eux.
Littérature et combat politique vont-ils toujours de pair ?
A. A. W.: C’est ça ou rien. A Djibouti, au Centre culturel français, seul endroit où je pouvais m’exprimer, le simple fait de ne pas remercier [le président] Ismaïl Omar Guelleh avant de parler était un crime de lèse-majesté. Il faudrait, au XXIe siècle, faire allégeance et remercier le président de vivre, de manger, de parler, de penser. Ces dictateurs africains veulent éradiquer toute pensée libre. « On est un peu des snipers de dictateurs »
A.M.: « Plus on est silencieux, mieux la dictature se porte ».
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A.M.: « La jeunesse peut trouver dans la parole de l’écrivain une clé pour ouvrir la cage dans laquelle les dictatures enferment les gens ».
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Ce n’est pas une simple posture. C’est une situation d’urgence. On ne voit pas comment s’en sortir sans dire à ces dictateurs ce qu’ils sont, ce qu’ils font et ce qu’ils font subir à leur peuple. L’art n’a de liberté que si le territoire où il s’exerce ou d’où il provient respire la liberté. Or il n’y a pas de liberté à Djibouti, au Congo et dans d’autres pays d’Afrique. Donc s’indigner est une sorte d’allégorie. On ne le fait pas que pour ces deux pays. L’Afrique cherche à aller vers la modernité mais traîne encore des dinosaures usant d’armes, de violence, de treillis militaires pour se maintenir au pouvoir.

Verantwoording:
De informatie die is gebruikt voor dit bericht van Kennis zonder Grenzen is verkregen van openbare media. De foto is overgenomen van Batwa asf.be.