Mediaprobleem

17 december 2019

Op 12 december is een lid van de oppositiepartij Congrès National pour la Liberté (CNL) in haar woning in de colline Musenyi, commune Nyabiraba, Bujumbura, door een aantal mannen met kogels om het leven gebracht. Op dezelfde dag werden twee leden van de CNL gearresteerd in quartier Kizingwe-Buharo in Kanyosha, Bujumbura, onder andere op beschuldiging van het verdelen van identiteitskaarten aan burgers.
Op 17 december is een aanhanger van oppositiepartij Forces pour la Libération Nationale (FNL), geleid door politicus Rwasa, in Bujumbura vermoord door een onbekende. Hij werd omgebracht met een kogel.
Onlangs is een illegaal graf gevonden op het terrein van de oude markt in Kamenge, Bujumbura. Hierin zijn resten gevonden van vermoedelijk slachtoffers van de oorlog in 1993. Het terrein in Ntahangwa, Bujumbura, behoorde vroeger toe aan de partij UPRONA, maar is tegenwoordig in het bezit van een zakenman, die er wil gaan bouwen. De gevonden resten zullen moeilijk te identificeren zijn.

Nog altijd is er in Burundi een verbod betreffende Burundese media. Er kunnen sinds april 2018 geen reacties meer worden gegeven op mediaberichten en het ziet er niet naar uit dat deze maatregel zal worden ingetrokken. Zelfs op een bericht van 2 december 2020 over een kunstexpositie van het collectief twofivesevenarts, of op een bericht over de autorally in Ngozi op 7 en 8 december 2020 (eindelijk eens een evenement waar iedereen van genoot), of op een bericht van 9 december 2020 over een nieuwe stijl van kapsels, kan niet worden gereageerd. Het communiqué hierover dateert van 11 april 2018 en is te lezen onder aan dit bericht.

Ook plaatsen we, gelet op de complexe socio-politieke situatie, onderstaand interview met historicus Eric Ndayisaba onvertaald. Ook hierop kan dus niet worden gereageerd door Burundese lezers.

« Le langage polarisant n’a pas de place »
Un langage polarisant utilisé notamment en période électorale porte préjudice à la cohésion sociale et partant peut conduire à la violence de masse. L’historien Eric Ndayisaba, enseignant-chercheur à l’Ecole normale supérieur, rappelle aux politiciens leur responsabilité devant la société et l’histoire.

Que peut-on comprendre par langage polarisant ?
Un langage polarisant est une communication violente utilisée par les membres de groupes, notamment les Eglises, les associations, les catégories sociales et plus particulièrement les partis politiques. Il consiste en des paroles blessantes, insultes, préjugés et stéréotypes, des accusations, etc. Tout cela porte atteinte à la dignité humaine. Des paroles qui sont adressées aux membres d’un groupe ou d’une catégorie sociale.
Un groupe se croit être seul patriote, détenteur de la vérité et considère les autres comme des ennemis du pays, des traîtres. Chacun campe sur sa position. Ce langage évolue dans un contexte d’une société basée généralement sur l’oralité et soumise à la hiérarchie. Là où la parole d’un leader revêt une importance capitale.

Pourquoi un groupe fabrique son ennemi ?
Un groupe a besoin d’un ennemi pour consolider son unité, quand il y a manque d’arguments. C’est un langage cher aux politiciens, lors des compétions politiques. L’objectif étant la discréditation, la diabolisation et la disqualification de l’adversaire. On l’a vécu dans la région des Grands-Lacs et le processus électoral de 1993 en est une illustration. Les adversaires politiques n’hésitaient pas à se considérer mutuellement comme des animaux, des corbeaux, des grenouilles etc. C’est la déshumanisation.

Que peuvent être les conséquences d’un tel langage dans la société ?
Nous sommes dans une société communautariste où l’individu compte beaucoup sur son groupe d’appartenance. Toucher son groupe, c’est toucher son cœur. Ce langage porte préjudice à la cohésion sociale. Il mûrit une frustration chez les membres du groupe indexé. Ces derniers ne peuvent pas baisser les bras. Ils inventent des stratégies pour se redonner de la dignité car la violence appelle la violence. Ils se mettent dans une situation de défense et peuvent attaquer. On passe de la violence symbolique à la violence physique. C’est la violence de masse qui s’invite.

Nous sommes en période électorale. Que doit être le comportement des acteurs politiques pour prévenir de telles conséquences?
Les gens vivent dans la psychose et n’ont pas besoin d’autres blessures. Il faut que les leaders politiques comprennent cette fragilité de la société. Avoir de l’empathie et tenir des discours constructifs. La compétition politique doit être franche. Pouvoir gérer la victoire et la défaite est important. Après les élections, la vie continue. Qu’ils sachentqu’ils ont une responsabilité devant l’histoire. Car la société les observe et l’histoire les jugera.
Pour les militants, il faut savoir décortiquer les messages allant dans le sens de la polarisation. Eviter la manipulation politicienne, faire preuve de moins de fanatisme pour construire une société juste. Parce qu’ils ont aussi une responsabilité devant la société et l’histoire.

Het communiqué van 11 april 2018:

C’est avec une immense tristesse que nous avons appris la décision prise par le CNC ce mercredi 11 avril 2018 de fermer l’espace de dialogue de notre site .
Depuis le lancement d’Iwacu, il y a 10 ans, cet espace qui fait partie de notre média, permettait à nos lecteurs de réagir librement à nos informations, de dialoguer.
Nous recevions des centaines de commentaires par jour mais tous n’étaient publiés. Nous prenions en effet le soin de veiller au respect de la charte des utilisateurs que nous avions instaurée.
Ce forum permettait à nos compatriotes et tous ceux qui s’intéressent au Burundi, partout où ils se trouvent, de s’exprimer, d’échanger en toute liberté.
C’était un espace démocratique, ouvert à toutes les opinions. Des critiques, parfois très fortes, y étaient émises sur la marche du pays, l’action du gouvernement, l’opposition, la société civile, les médias… C’était « un droit de regard » de nos lecteurs sur le Burundi, sur notre travail, que nous aimions et respections beaucoup.
Nous regrettons cette décision, à notre sens injuste.
Nous remercions tous nos lecteurs partout où ils se trouvent et , comme eux, nous sommes tristes de la fermeture de cette petite fenêtre de liberté et d’expression que nous partagions depuis 10 ans.
Directeur des Publications Iwacupress

Verantwoording:
De informatie in dit bericht van Kennis zonder Grenzen is verkregen van openbare media.

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