31 maart 2020
Vandaag heeft de Burundese minister van Gezondheidszorg bekend gemaakt dat twee personen in Burundi positief zijn getest op besmetting met het coronavirus. Het zou gaan om een man die uit Dubai is gekomen en een man die uit Rwanda is gekomen. Zij worden in isolatie verpleegd in het Bumerec Ziekenhuis in Bujumbura. Het zijn de eerste personen bij wie officieel deze besmetting is vastgesteld. Net als in Nederland zal het aantal geïnfecteerden hoger kunnen zijn.
In de Burundese krant Iwacu verschenen al eerder berichten over de risico’s van het virus in een land waar veel mensen door geldgebrek van dag tot dag leven en dikwijls geen schoon water tot hun beschikking hebben. Ook wordt, zoals in andere landen, met zorg gekeken naar de economische gevolgen van de pandemie voor de inwoners. Er wordt zoveel mogelijk schoon water met zeep aangeboden, bijvoorbeeld in de stad op plaatsen waar veel mensen samen komen voor busvervoer en andere noodzakelijke activiteiten. Dit is een maatregel die al ver voor de pandemie werd genomen bij publieke gebouwen in verband met de preventie van ook andere overdraagbare ziektes.
Op 27 maart 2020 verscheen het volgende opiniestuk in Iwacu, geschreven door Léandre Sikuyavuga:
Burundi houdt zijn adem in
Les Burundais sont-ils capables de prévenir, gérer et éradiquer le coronavirus ? Quel plan de riposte dispose-t-on en cas du Covid-19 ? Des questions, des inquiétudes fusent de partout sur les réseaux sociaux, les médias nationaux et internationaux. Des commentaires bourrés parfois d’ironie mordante, des dénigrements, des ragots se font entendre. « Le pays ne disposerait ni de réactifs ni d’équipements de laboratoire encore moins des compétences pouvant diagnostiquer le virus du Covid-19. » Le gouvernement rassure que l’Institut national de la santé publique est outillé et compétent pour faire des diagnostics adéquats.
Jusqu’au moment où nous mettons sous presse la présente édition, aucun cas de coronavirus n’est officiellement avéré, recensé sur le territoire burundais. Dans un communiqué adressé aux ambassadeurs, aux chargés d’affaires et aux consuls burundais ce 25 mars, le ministre des Affaires étrangères le confirme. Même sur le cas d’un couple d’un homme et de son épouse suspectés d’être infectés par le Covid-19, « les résultats de l’analyse se sont révélés être négatifs. »
Mais un cas risque de bouleverser la situation. Selon la ministre tanzanienne de la Santé, à Kagera, un camionneur qui a transité par la frontière de Kabanga séparant le Burundi et la Tanzanie a été testé positif. Combien de temps et où a-t-il séjourné au Burundi ? Avec quelles personnes est-il entré en contact ? Le gouvernement doit urgemment mener une enquête sur l’identité de cet individu. S’il s’avère qu’il a été en contact avec des gens au Burundi, le ver serait déjà dans le fruit. Il nous faut rester calme mais l’heure est à la vigilance et à la solidarité collective.
Sans paniquer, il me semble que les Burundais doivent changer de comportement. Certes, des mesures de protection et d’hygiène préventive recommandées par le gouvernement commençaient à être observées et respectées, notamment le lavage régulier des mains. Mais hélas, quid du partage du chalumeau à l’intérieur du pays ou pendant les cérémonies traditionnelles même à Bujumbura, de la bouteille de bière au goulot que l’on s’échange allégrement, de cette cigarette roulée qui passe amicalement d’une bouche à l’autre ? Le gouvernement devra renforcer les mesures déjà prises dans le cadre de la prévention.
Aux grands maux, les grands remèdes, si effectivement le camionneur cité par les autorités tanzaniennes a contaminé d’autres personnes sur le sol burundais, il faudra alors prendre d’autres mesures en phase avec la nouvelle situation. Pour le moment, les Burundais, nous retenons notre souffle.