Reactie op CNARED

13 augustus 2015

Na het bericht en de analyse van Iwacu over de oprichting van de nationale veiligheidsraad CNARED (zie ons nieuws van 11 augstus jl.) is hierop vandaag de volgende genuanceerde reactie lezen. We plaatsen deze integraal. De schrijver is Athanase Karayenga en de tekst is gepubliceerd door Bujumbura News en is ook via Iwacu te lezen.

Permets-moi d’ajouter quelques éléments à ton analyse sur les points faibles et les points forts du CNARED. Commençons par les points faibles.

1 – Le nom de la nouvelle alliance ou coalition, CNARED, est imprononçable pour le Burundais moyen, même francophone. Certains disent Cénared, d’autres Sinared. C’est une fabrication typiquement technocratique élaborée à la hâte à Addis Abeba. Et cela se comprend. Cet acronyme n’a pas de sens et peut difficilement enthousiasmer les foules.
Il vaudrait mieux que cette coalition des forces de l’opposition imagine un nom kirundi qui a une résonnance dans la culture ou dans l’histoire du Burundi. Ce mot en langue nationale permettrait aux Burundais de toutes conditions de se l’approprier facilement et de mieux comprendre les objectifs de cette alliance ou coalition nouvelle.
Un nom kirundi bien choisi deviendrait rapidement un code de ralliement pour tous les citoyens hostiles au troisième mandat de Pierre Nkurunziza. Le nom d’une personnalité, d’un lieu historique, d’un arbre ou d’un tambour royal, pourrait faire l’affaire dans l’urgence.
2 – Le CNARED n’a pas encore de stratégie de communication. Il est vrai que c’est une organisation très récente. Si, en attendant de développer une véritable stratégie de communication, la nouvelle coalition avait un porte-parole unique relayé à l’étranger par des porte-paroles par continents ou par pays, si le CNARED disposait d’un site internet même sommaire, il augmenterait considérablement sa visibilité médiatique et partant son efficacité et sa crédibilité politiques et diplomatiques.
3 – Le CNARED est né à Addis Abeba dans des difficultés évidentes d’organisation logistique et même dans une certaine tension entre des personnalités politiques dont le positionnement personnel est légitime et respectable. Comme le rappelait un ancien ambassadeur du Burundi qui participait à la rencontre avec Léonard Nyangoma, président du CNARED à Bruxelles, « pas d’intérêt, pas d’action ».
Les acteurs politiques placent chacun ses billes afin de jouer plus tard un rôle majeur dans le cadre d’un probable gouvernement de transition qui sera mis en place après le 26 août 2015. A cette date, en effet, le président Pierre Nkurunziza sera considéré par la nouvelle coalition comme un usurpateur, un président illégitime et illégal. Or, pour le déloger, il faudra bien soit que des négociations aboutissent à la création d’un gouvernement civil en charge des intérêts vitaux du pays soit que le CNARED exerce un rapport de force politique et militaire suffisant pour neutraliser le président parjure.
4 – Le CNARED est essentiellement animé par des hommes. Les femmes semblent, une fois de plus hélas, oubliées. Alors qu’elles constituent des partenaires incontournables dans le retour à la paix et à la stabilité du Burundi. A l’époque des manifestations de rue contre le troisième mandat de Pierre Nkurunziza, elles ont montré leur courage, leur détermination et leur efficacité pour atteindre la place de l’indépendance à Bujumbura.
5 – Les organisations des jeunes n’apparaissent pas non plus comme des partenaires essentiels du CNARED. La jeunesse burundaise a payé cher son courage et sa détermination aussi dans la lutte contre le troisième mandat. Des centaines ont été assassinés par « les diverses forces du désordre et du crime », policiers, soldats, miliciens et agents du renseignement confondus. Des milliers de jeunes croupissent dans des prisons ou sont exilés.
6 – Le CNARED, coalition de forces politiques et sociales civiles, devra clarifier son positionnement par rapport à la résistance engagée par les forces militaires, elles-mêmes coalisées pour la défense de la démocratie. Au fait, le CNARED soutient-il le principe d’une rébellion armée ou non ? A l’inverse, la coalition des forces militaires qui occupent le terrain accepte-t-elle la prééminence civile et la légitimité du CNARED ? En tout cas, à Bruxelles, Léonard Nyangoma a été très clair sur cette question très sensible. « Le CNARED, a-t-il déclaré, croit encore au dialogue. Il ne ressent pas encore le besoin d’une option militaire. »
7 – Enfin, last but not least, si le CNARED privilégie le dialogue politique, comme le soulevait un jeune burundais vivant en Europe du nord et participant à la rencontre avec Léonard Nyangoma à Bruxelles, il faudra qu’il soit très clair : « Le CNARED va négocier quoi ? »

A présent, les points forts du CNARED
1 – Permets-moi d’utiliser comme exemple une bataille historique décisive dans la deuxième guerre mondiale perdue par l’Allemagne nazie alors sous la férule d’Adolphe Hitler. Le 3 novembre 1942, le maréchal Rommel a refusé les ordres d’Hitler et a décidé de battre en retraite après une bataille perdue à El-Alamein, à l’ouest d’Alexandrie, en Egypte. Il était tenu en échec par les troupes du général anglais Montgomery
Winston Churchill, Premier ministre de la Grande Bretagne déclare triomphant à Londres : «Ce n’est pas la fin, ni même le commencement de la fin ; mais c’est la fin du commencement». Il ajoutera plus tard : «Avant El-Alamein nous n’avons jamais eu de victoire, après El-Alamein, nous n’avons jamais eu de défaite !»
Toutes choses égales par ailleurs car comparaison n’est pas raison, Addis-Abeba constitue pour le CNARED, un aboutissement qui annonce peut-être « la fin du commencement ». Jusqu’à présent, l’opposition burundaise était divisée en multiples formations politiques. Pour une fois, les représentants de la diversité des partis politiques de l’opposition ainsi que les organisations de la société civile ont décidé de former un front uni. La période des sigles politiques folkloriques et sympathiques est peut-être terminée.
ADC-Ikibiri, Mouvement d’Arusha, Amizero des Barundi devenu selon les railleurs « Amis zéro », RANAC, Indépendants, etc. traduisaient une instabilité politique pathologique et typiquement burundaise. Jusqu’à présent, l’opposition politique burundaise a systématiquement été sanctionnée par des échecs successifs. La dynamique d’Addis-Abeba, comme celle d’El-Alamein, peut-elle inaugurer une ère nouvelle où les partis politiques et la société civile, parce que coalisés précisément, « l’union fait la force », peuvent, enfin, espérer de ne n’avoir « plus jamais de défaites ».
2 – Dans la salle où Léonard Nyangoma a reçu les Burundais de la diaspora, il y avait des participants provenant de Belgique, de Suède, de Danemark, de Suisse, de France, des Pays-Bas et de Grande Bretagne. D’autres s’étaient excusés et suivaient le déroulement de la rencontre à partir de l’Espagne et du Canada. C’est dire, comme le relevait le sénateur Richard Nimbesha, la chance extraordinaire du CNARED de pouvoir compter sur des femmes et des hommes, des jeunes et des anciens qui composent une diaspora appartenant à toutes les composantes de la nation burundaise.
3 – Au mètre carré, dans la salle où Léonard Nyangoma recevait environ 60 Burundais de la diaspora, on pouvait compter une densité, absolument exceptionnelle, d’expériences et de savoir-faire politiques avec des ambassadeurs, professionnels avec des médecins, des professeurs, des hommes d’affaires, des journalistes, des hommes de culture, intellectuelles avec des étudiants, etc, etc.
Le Sénateur Richard Nimbesha a commencé son intervention saisissante en révélant à l’assemblée un secret de la rébellion de 1994. « Au début, nous cherchions des combattants, a-t-il déclaré, et nous en trouvions pas. »
Par contraste, a-t-il poursuivi en substance, le CNARED dispose, sur tous les continents, dans tous les pays où résident des Burundais, des troupes immédiatement opérationnelles et compétentes dans tous les domaines.
Il suffira que le CNARED sache, impulser, coordonner et soutenir les initiatives de la diaspora pour mobiliser l’opinion publique internationale, les médias, les décideurs politiques et économiques ainsi que les organisations régionales et internationales. Le plus gros est déjà fait d’ailleurs comme l’a souligné Léonard Nyangoma qui a exprimé sa gratitude à l’égard de la diaspora burundaise. A chaque membre de la diaspora burundaise engagée dans la lutte pour le respect de l’Accord de Paix d’Arusha et pour la restauration de l’Etat de droit au Burundi, Richard Nimbesha a donné deux mots d’ordre : « Ngenda hehe ? Ngenda ryari ? »
Chaque burundais de la diaspora, engagé dans la lutte contre la dictature imposée par la terreur et pour la restauration de la démocratie et de la liberté au Burundi, est potentiellement un ambassadeur du CNARED dans son pays de résidence et dans son milieu professionnel. C’est un atout incroyable dont dispose cette nouvelle coalition de partis et d’organisations de la société civile. Saura-t-il l’exploiter à bon escient ? That’s the big question.
4 – Le dernier point positif majeur du CNARED est la jonction qu’il permet entre les forces politiques intérieures et extérieures. Car en définitive, comme cela a été souligné également pendant la réunion entre Léonard Nyangoma et des Burundais de la diaspora à Bruxelles, la chute du régime de Pierre Nkurunziza, sera possible grâce à l’action décisive des Burundais de l’intérieur soutenus par la diaspora. Pour le moment, en définitive, le CNARED a les moyens de développer une stratégie d’étouffement progressif du régime issu des élections loufoques de 2015. A la manière du boa constrictor qui s’enroule autour de sa proie et la broie progressivement. Avant de l’avaler.
5 – Enfin, le dernier point positif du CNARED, un de ses meilleurs atouts, est paradoxalement, le Conseiller Principal en Communication de Pierre Nkurunziza, M. Willy Nyamitwe. Ses propos souvent polémiques et désobligeants à l’égard des anciens chefs d’Etat du Burundi ou Hauts dignitaires de la République, à présent membres du CNARED, provoquent chez eux un tel dégoût, un tel mépris et un tel désir de revanche contre le personnage et contre un régime politique qui se permet de proférer des insultes gratuites à leur encontre. Le dernier exemple en date est relevé précisément dans cette livraison du journal Iwacu. M. Willy Nyamitwe les traite de « ramassis de loosers » ! Ce n’est pas convenable. C’est même inadmissible !
Une chose est sûre. A chaque prise de parole de M. Willy Nyamitwe, ces dignitaires, leurs familles, leurs amis et proches au Burundi et à l’étranger, leurs adeptes politiques, tous se sentent blessés et outragés. Et ça en fait du monde qui partage la détestation du régime politique que M. Willy Nyamitwe défend becs et ongles avec, malheureusement, son talent maléfique qu’on lui connaît. Et par conséquent, tout ce beau monde adhère à la dynamique du CNARED et soutient son combat. Pour continuer à élargir spectaculairement le cercle de ses adeptes, il faudrait que le CNARED, fasse livrer à M. Willy Nyamitwe, des caisses d’un excellent chocolat belge et le supplie de ne surtout jamais arrêter de proférer ses insanités à l’encontre des dignitaires de la République.

Verantwoording:
De informatie die is gebruikt voor dit bericht van Kennis zonder Grenzen is verkregen van Iwacu.