Sprookjes bestaan

27 januari 2018

Bij de afronding van de eerste trainingsweek Training of Trainers mhGAP-HIG in Burundi (de opleiding van (para)medische professionals tot trainer in de psychiatrische en psychosociale zorg) is aan de deelnemers een lokaal zeer gewaardeerd kadootje uitgereikt: een grote houten armband, die in Burundi igitembe heet en vroeger werd gedragen door de krijgers van de koning. Deze krijgers hadden pijl en boog. Op zo’n boog kon zeker 25 kilo spanning staan, dus wanneer de snaar tegen de pols van de krijger zou slaan, zou het na één keer schieten afgelopen zijn. Daarom droegen zij een igitembe om zich te beschermen. Alleen mensen die de koning uitkoos konden krijger worden. Het was een erebaan, maar hard werken. Nu er geen actief koningshuis meer is, wordt een igitembe gezien als een waardevol cultureel bezit en de vorm is prachtig, echte kunst. Burundi heeft niet zoals veel andere Afrikaanse landen een sterke traditie met maskers en beeldjes die een spirituele betekenis hebben (zeer beperkt), maar er zijn wel verschillende waardevolle voorwerpen, waaronder de igitembes, die een culturele waarde hebben. Verder zijn er uiteraard veel gebruiksvoorwerpen, artefacten, die typisch Burundees zijn, die nog altijd worden gebruikt.
Burundi heeft ook veel oude verhalen, die van mond tot mond gaan, maar vaak niet zijn opgeschreven. Het zijn dikwijls sprookjes met een morele les. De belangrijkste en in Burundi bij iedereen bekende sprookjesfiguur is Samandari, een raadselachtige figuur. Niemand weet hoe hij of zij eruit ziet. Samandari mag alles tegen iedereen zeggen en is altijd iedereen te slim af.

Enig begrip over igitembes en over Samandari komt van pas bij het sprookje, verwerkt in de toespraak die Amy Besamusca namens STICHTING KENNIS ZONDER GRENZEN (UBUMENYI BATAGIRA IMBIBE in het Kirundi) voorafgaand aan de uitreiking van de igitembes aan de deelnemers aan de training heeft gehouden. In deze toespraak bedankte zij oprecht alle internationale en lokale betrokkenen in, die zich hebben ingezet om de training tot stand te brengen. Tegen de deelnemers (vijf vrouwen en zeven mannen) sprak zij grote waardering uit voor hun inzet en het in de training bereikte resultaat. De komende week gaan zij onder internationale supervisie hun eerste lessen geven. Daarna ontvangen zij hun certificaten. In de toekomst kunnen zij aan de slag in het kader van de decentralisatie van de zorg en de vervanging van de mobiele klinieken. Met hun inzet zullen steeds meer (para)medici worden geschoold, zodat psychiatrische zorg ook vanuit algemene ziekenhuizen en gezondheidscentra in de provincies kan worden geboden. Met de communes zal een samenwerking worden opgezet om psychosociale zorg te professionaliseren en wederzijds te kunnen verwijzen. Het Centre Neuro Psychiatrique de Kamenge in Bujumbura blijft het expertisecentrum, als derdelijns voorziening. (Zie ook onder Projecten op deze site, onder Psychiatrie).

Hieronder volgt de integrale tekst van de toespraak:

À la fin de ce première semaine de votre formation ToT, Training of Trainers, je veux vous remercier pour votre concentration, votre enthousiasme et votre professionalité et fraternité. La semaine prochaine, après la supervision, on va vous donner le certificat officiel. Maintenant déjà je veux vous certificier figurément.
Mais premièrement je m’adresse à dr Jaak et dr Adelin, mes collègues, qui ont pris la responsabilité pour la formation ToT mhGAP-HIG. Vous avez fait beaucoup de travail vraiment. La formation a été très très bien préparée. Ça vous a couté beaucoup de peine. Pendant la formation ici au Mont Sion vous étiez toujours très clairs avec une grande ouverture et patience. C’était formidable. Vous avez vraiment ouvert vos coeurs pour la santé mentale au Burundi. Twagurumutima. Merci beaucoup pour tout ça.
Aussi je veux remercier l’ ONG WarTrauma Foundation aux Pays Bas, qui nous a assisté à réaliser le ToT au Burundi. À partir de la première fois nous avons demandé à WarTrauma Foundation l’ assistance pour le ToT, on a accepté de trouver le budget et d’ écrire le projet pour la mission. Je dit grande merci au bailleur néerlandais, qu’ on a trouvé. C’ était WarTrauma Foundation qui a aussi trouvé dr Jaak et dr Adelin comme formateurs.
En plus je dois remercier profondement le Directeur Général du CNPK Frère Hippolyte Manirakiza et son équipe, sans qui on n’ avait pas eu la possibilité à réaliser tout. Ensemble nous avons parlé aux Pays Bas avec WarTrauma Foundation. Nous avons planifié tout et c’ est très bien réalisé. Merci beaucoup pour la collaboration, vous comme mon directeur savez bien que la formation est très importante. Vous savez réaliser toujours l’ éducation permanente. Et maintenant en plus il y avait une formation spécialisé pour des nouveaux enseignants au soins mentaux. C’ est un équipe qui sera très important au Burundi. Un equipe capable à assister à la décentralisation des soins mentaux et psychosociaux. L ‘objectif sera le remplacement des cliniques mobiles du CNPK dans les provinces par des professionels dans les hopitaux généraux et les centres de santé, bien formés par l’ equipe des enseignants. Aussi il y a la nécessité de former des travailleurs communautaire, pour les soins psychosociaux dans les provinces. Le mhGAP est un très bon methode pout tout ça. Dans tous les niveaux des soins les prestataires pourraient travailler ensemble, référer si besoin et renvoyer dès que possible. Une collaboration durable qui provissionnera des soins de bonne qualité, alors pas trop et pas trop peu. Le Burundi va profiter de ça. L’ equipe des enseignants qui se trouve ici, est presque prêt à réaliser l’ éducation permanente qui va soutenir tout ça.

Espérons un jour le Burundi aura la spécialisation au niveau des médecins psychiatres. Parce que on manque des psychiatres. La formation comme infirmière spécialist psychiatre à l’ INSP existe dèjà. Les psychologues ont eu leur éducation de base de bonne niveaux. Ça donne du courage et de l’ espoir pour l’ avenir.

De l’ équipe du CNPK qui nous a assisté je mentionne Jean Jacques, Thierry, Parfait et nos chauffeurs Édouard, Victor et Dismas. Merci pour vos travaux.
Merci au Mont Sion pour nous soigner punctuel et gentil.

Maintenant j’ arrive chez vous, les élèves, les nouveaux enseignants de mhGAP. Je vais vous raconter une petite histoire. Une fable. Écoutez.

Samandari avait rencontré le Roi du Burundi. Il disait au Roi ‘Mon Altesse, mwaramutse, urakomeye’.
Le Roi disait ‘Je ne me porte pas bien’. ‘Mais mon Roi, c’est quel problème ?’ ‘Je ne sais pas, il y a trop de pensées dans ma tète qui se combattent pour avoir la priorité.’
Samandari demandait ‘Mon Roi, vous êtes tellement intelligent, pourqoui vous ne pouvez pas choisir quelle pensée a la priorité ?’
‘C’ est parce que mon corps est fatigué de tout ça.’
‘Mon Roi, vous êtes tellement fort, comment votre corps ne vous assiste pas assez ?’
Le Roi disait ‘Mon corps est malade mais les abaganga ne peuvent pas trouver une maladie. Ils disent je me trouve en bonne santé.’
Samandari devait penser et il avait eu un idée.
‘Mon cher Roi, est-ce que vous mangez bien ?’
‘On me fait des bons repas chaque jour. Avec amata meza et amazi ikanye et des haricots.’
‘Est-ce que vous ferez des sports ?’
‘Je les regarde chaque jour.’
Est-ce que vous communiquez assez ?’
‘Je parle chaque jour.’
‘Eèh, parler ce n’est pas la communication.’
Le Roi répondait ‘Je vois beaucoup de monde pour la communication. Des ancêtres, des chefs de collines et des tambourinairs. Tous communiquent à leurs niveaux et ça veut dire mes messages arrivent partout.’
‘A bon Mon Altesse, ça ce n’ est pas la communication, ce ne sont que des mots. Vous vous même avez besoin de la communication, des mots humains de l’un à l’autre et renversé, qui peuvent vous protéger contre des maladies psychiques. Si vous osez vous protéger mieux, vous vous porterez mieux bientôt.’
‘Oja, je suis dèjà bien protégé. J’ ai les guerriers qui me protègent très bien. Ils sont bien éduqués et très capables.’
‘Ego’, Samandari disait, ‘pardon mais vous ne comprenez pas bien. Quand même vos guerriers se protègent contre leurs même armes. Ils portent des igitembes. S’ ils ne portent pas ça, ils seront blessés.’
Les mots de Samandari irrittaient le Roi, qui ajoutait ‘Tu parle de quoi, je suis le Roi !’
‘Oui, je sais,’ Samandari répondait. ‘Mais quand même le Mwesi doit figurément porter son igitembe, son bracelet. C’ est un matériel dur, mais ça donne la flexibilité entre les gens.’
‘Porter un igitembe est très désagréable,’ le Roi répondait.
‘Pardon, j’ ai dit figurément ! Votre igitembe ce sont des mots, pas sens unique, des mots ensemble, qui peuvent révéler des priorités dans la vie. Chaque personne, royale ou non, a ses sentiments qui dérengent de temps en temps. Si vous resterez inconscient de ça, vous allez tomber vraiment malade. Vous devez partager vos sentiments avec des autres en utilisant des mots. Peut-être vous le trouvez difficile, mais dès que vous l’ avez appris, votre monde intern et extern sera plus grand. C’ est ça la protection que vous en avez besoin.’
À partir de ce jour la, le Roi lui même portait son igitembe. Et chaque fois il le regardait il partageait ses sentiments avec les autres. Il se sentait mieux et fort.

Vous êtes les premiers enseignants officiels du mhGAP au Burundi. Après la semaine prochaine, une semaine avec la supervision, vous allez recevoir le certificat mhGAP enseignant. Vous serez les guerriers du Roi, ou non les guerriers de la santé mentale au Burundi. Vous aussi, vous devez porter votre igitembe pour ne pas être affecté par les mots de vos patients. Vous devez être forts mais bien protégés. Vous aussi devez parler de ce qui vous touche pour rester de bonne santé mentale vous même. Ça c’ est mon message à vous. Pour jamais oublier tout le monde peut avoir des périodes vulnerables, je voudrais vous donner un petit cadeau symbolique. C’ est un cadeau royal pour vous protéger, de matériel dur. Pourque vous puissiez rester flexible toujours dans vos travaux professionnels comme enseignants et comme abaganga.
Je suis contente et fière pour vous. Tugende, ensemble pour la santé mentale. J’espère la décentralisation des soins mentaux va bien profiter de votre connaissance. N’oubliez jamais, vos patients, s’abasazi, mais ils ont besoin de vous. Ego vraiment. Urakoze chane.